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DOAM vit actuellement à Séoul, en Corée du Sud depuis 6 ans...

Pouvez-vous nous décrire votre parcours en quelques lignes ? quand avez-vous commencé à peindre ?

J’ai commencé à peindre quand j’étais adolescente. J’aimais bien illustrer, dessiner, peindre ; c’est pourquoi j’ai décidé d’étudier les Arts. Et ce sont mes études artistiques menées à l’Ecole des Beaux-Arts de Cherbourg qui ont été le déclencheur et le début d’une passion qui ne m’a jamais quittée tout au long des 30 dernières années : celle de la peinture. Cette passion pour la peinture s’est exercée au gré des aléas de ma vie familiale et professionnelle, qui ont  guidé et développé mon évolution artistique. Mon parcours a été influencé par des rencontres majeures comme celles des peintres Marc Gratas, Pierre Cayol et Edmond Hänni dans le sud de la France, Jacques Denigot à Nantes et Claude Blanc Brude à Grenoble. De même, cette évolution a été constamment enrichie par de nouvelles expériences et m’ont conduite  progressivement vers l’abstraction.

Comment définiriez-vous la peinture ? qu’est-ce que la peinture pour vous ?

La peinture fait partie de ma vie. C’est vital pour moi.  C’est un besoin qui s’impose à moi, un besoin de mélanger les couleurs, de les appliquer en forme, de traduire des émotions.  C’est aussi un travail pour dépasser la technique, éviter de reproduire ce que l’œil voit ; arriver également à traduire les émotions ressenties et  à maitriser ses impulsions en un ensemble cohérent, expressif et surtout suggestif. Abstraire, ne dire que l’essentiel, traduire le moins pour dire le plus, n’est pas un travail facile. C’est comme la musique ; c’est beaucoup de travail pour arriver à exprimer sa sensibilité et faire susciter également chez celui qui regarde ou écoute une certaine émotion. Si j’arrive à traduire mes émotions et à les faire partager alors j’éprouve une certaine satisfaction. Pour moi, peindre c’est se réaliser mais c’est aussi donner de soi !

On peut voir de la couleur et du mouvement dans vos toiles. Qu’est-ce pour vous ?

La couleur pour moi, c'est l'émotion, l'expression de mon intériorité, des sensations. C’est la vie. Une vie sans couleur c’est bien triste !  La couleur, c'est aussi l'énergie. Elle permet aux formes et la lumière d'émerger. Avant, je privilégiais les touches impressionnistes colorées ; maintenant je simplifie et élargis les touches et les couleurs. Et ce sont les couleurs primaires que j’utilise le plus souvent. C’est rare que je peigne en noir et blanc. Donc couleur et mouvement permettent de se sentir en vie et exalte les émotions de celui qui les produit mais aussi de celui qui les reçoit.

A quoi pensez-vous en peignant ?

A rien d’autre qu’à ce que je peins. Je suis complètement à ce que je fais, concentrée sur la toile, laissant juste mon geste s’exprimer dans un mouvement corporel spontané.  Souvent je suis en tension lorsque j’aborde une toile et je m’implique dans cette création avec une expression corporelle  qui libère mon énergie. Je dispose les toiles au sol et je m’exécute ; Je suis souvent très fatiguée après avoir libéré mon énergie sur une toile de grand format. Je peins au sol pour éviter que la peinture ne coule trop ; ensuite je pose le tableau contre le mur pour le terminer en prenant le recul nécessaire. Plus rien ne compte que la toile et moi. Je peux peindre ainsi des heures, oubliant même l’heure des repas.

Est-ce que vous dessinez avant de peindre ?

Je pense que la composition est importante. Avant toute ébauche, j’essaie de composer la toile. Je pars souvent d’un dessin que j’ai déjà esquissé sur un thème donné. Ensuite s’il me « parle »,  je trace quelques lignes au pastel gras ou au fusain avant de peindre (surtout quand il s’agit de grands formats). Mais il m’arrive aussi de peindre sans modèle ou composition préalable,  laissant libre cours à mon imagination ; le hasard peut jouer favorablement mais il y a aussi plus de risque et pas toujours l’effet ou le résultat attendu. Si la composition est à la base même de toute peinture, au final, elle doit se faire oublier, le public ne doit pas la remarquer.

Quelles sont les techniques que vous utilisez dans vos toiles ?

La technique de l’acrylique. Au départ à Cherbourg, je me suis exercée à la peinture à l’huile. Puis dans le sud de la France en Provence, j’ai favorisé la technique de l’aquarelle, facile d’utilisation, facile à emporter en extérieur et se prêtant bien aux paysages provençaux très lumineux. Dans l’ouest de la France, j’ai commencé à peindre avec la peinture acrylique et je me suis sentie bien avec cette technique. Maintenant je peins parfois à l’encre mais essentiellement à l’acrylique.

Pourquoi privilégiez-vous l’acrylique ?

Cette technique convient bien à mon expression. L'acrylique permet plus de spontanéité. Elle permet de peindre sur des toiles de grands formats avec des gestes amples et rapides.  Elle est  simple d’utilisation. On peut la travailler avec fluidité et transparence comme pour l’aquarelle ou avec plus de force  comme avec l’huile, en appliquant plusieurs épaisseurs au pinceau ou au couteau. Et l’atout très important : pas besoin d’attendre pour continuer le travail puisqu’elle sèche très vite. Elle permet d’agir dans une action rapide et spontanée en un temps minimum.  

Comment vous caractériseriez-vous ; à quel mouvement pensez-vous appartenir ? Peut-on  parler d'expressionnisme et de lyrisme ou de peinture de geste ?

Mes toiles ont été caractérisées  d’impressionnistes, puis fauvistes, puis expressionnistes. Parfois je fais de « l’action painting » mais j’aime parfois projeter la peinture, la faire éclabousser, gratter les supports avec des couteaux…. en fait, Je n'aime pas m’enfermer dans un mouvement ou dans une école. Il n'est pas nécessaire d'affecter une étiquette à la peinture. En tout cas, ce n'est pas à moi de le faire. Ce qui m’importe c’est de m’exprimer avec liberté et sans suivre un style. Je privilégie  la couleur et le mouvement avec l’envie du moment. Ma peinture a évolué depuis plusieurs années mais elle reste gestuelle. Alors la « peinture gestuelle » oui ça me caractérise assez.

Il existe des thèmes majeurs dans votre peinture comme la nature, la musique, le corps humain … Pourriez-vous nous en dire plus ?

Au départ, c’est la nature qui m’a inspirée le plus, champ de coquelicots ou de tournesols en Provence, mâts provençaux. Très vite, le thème de l’EAU s’est imposé à moi. Que ce soient les bords de Saône et Loire (où je suis née) ou les bords de Cèze (où j’ai passé 15 ans de ma vie avec mes deux enfants) ou les bords de l’Erdre à Nantes, j’ai été marquée par ces paysages et notamment par l’eau, ses mouvances, ses variations, ses bruissements, sa vie ; c’est un élément vital et indispensable pour moi, de même très  riche d’inspiration.

Ensuite la musique : également indispensable à tout être, à la fois reposante et stimulante, elle m’aide à vivre bien et à m’exprimer ; d’ailleurs elle est souvent source d’inspiration pour moi quand je peins, je peins souvent en écoutant de la musique.

Enfin l’homme, élément entre ciel et terre et qui se meut lui aussi pour être en harmonie avec la nature. Les poses de nus m’ont permis de travailler la rapidité du geste, de m’entrainer au croquis à partir de poses rapides ; les groupes de musiciens en action et en musique m’ont permis de développer ma créativité en réveillant mon sens artistique, de laisser libre cours à toute expression extériorisée au contact d’autres peintres et de m’éloigner petit à petit du figuratif pour ne laisser plus que des formes et des couleurs de plus en plus abstraites.

Quand on vous demande combien de temps avez-vous mis pour peindre ce tableau, que répondez-vous ? 

 

Une citation du peintre américain Whistler  me vient tout de suite à l’esprit et je réponds en ses termes :  « j’ai fait ça en 2 heures mais il m’a fallu des années pour pouvoir le faire en 2 heures ».

Quels sont les artistes peintres que vous aimez ?

Il y en a plusieurs mais je suis plus attirée par les peintres contemporains, entre autre par Joan Mitchell, Sam Francis, De Staël, Jean Miotte, Karl Otto Götz.

En mars 2013 vous avez exposé pour la première fois à Séoul. « Beyond musical expression », le thème de l’exposition à la galerie Topohaus à Insadong a présenté 19  œuvres vivantes, énergiques et colorées sur le thème de la musique traditionnelle coréenne. Pourquoi les samulnori ?

 J’avais déjà travaillé la musique (jazz) en France avant de venir en Corée ; donc ce thème était la continuité de mon travail. Et puis j’ai choisi les samulnori car ils représentent la tradition populaire coréenne, agricole, issue de la tradition chamaniste et bouddhiste. 

Ce sont des rites fortement ancrés en Corée et qui ne peuvent que surprendre une artiste européenne comme moi, nouvellement installée dans un pays riche en couleurs, en émotions et en traditions. Quand je suis arrivée en Corée, il y a 6 ans déjà, c’était notre premier contact avec la Corée et c’est ce qui nous a frappés en premier mon mari et moi : nous avions l’habitude de nous promener aux bords du Cheongye Stream et à Insadong où il était fréquent d’entendre les sons des tambours janggu, Kwaengwari, buk ou Jing et de voir les couleurs vives et bariolées des costumes portés par les musiciens.

Et quel impact ça a eu sur vous et votre peinture ?

L’exposition à Insadong m’a permis d’évaluer la réaction du public coréen qui m’était jusque-là inconnue.  Peindre la musique traditionnelle avec des couleurs vives de manière non académique me paraissait un peu risqué et peut-être un peu agressif pour eux. Mais j’ai été agréablement surprise de lire et d’entendre leur émotion face à ces représentations. Ils ont apprécié et ont qualifié mes œuvres de peinture vivante, énergique et qui émeut par les couleurs et la vie qu’ils dégagent. J’ai eu de nombreux retours positifs de la part donc du public, des peintres, mais aussi de magazines d’Art et de galeries qui m’ont sollicitée pour exposer. Ainsi six expositions sont prévues à Séoul dans les mois qui viennent :

Trois expositions en solo - à Ganghwa do lors de l’échange culturel franco-coréen en mai – au festival de la musique traditionnelle à Bukcheon en Septembre prochain et à Insadong à la galerie Gaga en décembre.

Trois expositions collectives : une à Hong Kong ART FAIR fin mai, une exposition « Human mouvement » à Paris à la galerie 89 fin juin  et une exposition internationale à Hangaram Séoul Art Center en juillet.